lundi 14 janvier 2013

L’histoire de Sclessin et du Standard de Liège

Collège St Servais l'origine du Standard (photo de 1979)























Abbé Joseph Debatty Fondateur et premier président du Standard de Liège(1898-1902)

Sclessin est un quartier liégeois de l'ancienne commune d'Ougrée.


Ougrée, et donc Sclessin, faisait partie au début du XVIII siècle de la Principauté de Stavelot-Malmedy. Ce n'est qu'en 1768 que ces deux entités furent cédées, par le Prince-Abbé de Stavelot au Prince-Evêque de Liège, Charles d'Oultremont en échange de Vien et Anthisnes. Le sort de Sclessin et d'Ougrée allait se rejoindre par la suite, après la révolution Liégeoise et l'annexion de la Principauté de Liège par la France, par un décret de l'an IV du calendrier républicain (1795), les deux lieux sont rattachés au canton de Seraing, au département de l'Ourthe ou Ourte.

Rattachée à l'agglomération liégeoise depuis 1977, Sclessin, essentiellement industriel (sidérurgie), est connu pour le stade du Standard de Liège. Il est difficile de s'imaginer, aujourd'hui, que Sclessin a été durant de nombreux siècles un village agricole et viticole. Un lieu privilégié où, dès le XVIII siècle, les Liégeois fortunés venaient construire leur seconde résidence. De cette époque, il ne reste que le vocable "côté campagne" qui désigne la zone du quartier entre la colline de Cointe et la ligne de chemin de fer et quelques anciennes demeures.

C'est lors de la rentrée scolaire de 1898, que des élèves du Collège Saint-Servais fondent un club de football, qu'ils appelèrent STANDARD, en admiration pour le STANDARD.A.C de Paris
Le STANDARD évolue à Cointe, à Grivegnée, puis à Sclessin.

Il était une fois....Le Royal Standard Club de Liège !

Les débuts

Sclessin est essentiellement connu pour son équipe ROUGE ET BLANC
Et pourtant, les premiers footballeurs de l'histoire de Sclessin furent les "ROUGE et BLEU "(créés sous le nom de Football Club Liégeois, matricule 4).


Car que lit-on dans le journal de Liège de 1893 à propos des matchs prévus contre Bruges et Bruxelles: "...Le ground de l'équipe devait aussi être à la mesure de ses espoirs. On crut avoir trouvé asile sur le plateau de Cointe avant de choisir une des magnifiques pelouses du château de Sclessin, propriété de Monsieur et Madame de Sauvage, à l'emplacement du tir au pigeon... "

En 1896 le journal "Le Véloce" signale un changement de site :

" Le comité du Football Club Liégeois vient de faire choix d'un nouveau terrain de jeu : celui-ci est situé à Sclessin à 200 mètres environ du château, sur une prairie située en face du charbonnage du Perron."

En octobre 1897, le F.C.L. quittait définitivement Sclessin pour la plaine de Cointe après avoir fusionné avec le Liège F.A. dont le maillot était rouge orné d'un perron noir.

C'est à cette date, que des élèves du Collège Saint-Servais de Liège, membres de l'équipe scolaire de Liège F.A. refusèrent l'idée de la fusion avec le club des rouges et bleus et endossèrent le fameux maillot rouge abandonné par leur ancienne équipe. Certains rêvent de devenir des as, d'autres vivent des heures agréables en poussant un ballon mal gonflé dans les buts, marqués par quatre branchages. En l'an 1898 plusieurs joueurs se réunirent pour fonder le club qu'il baptisèrent STANDARD de LIEGE (Pour déterminer le nom du club, un vote a été organisé et c'est le "Standard" qui l'a remporté, une voix devant le "Skill")., nom prestigieux porté à l'époque par une équipe parisienne aujourd'hui probablement disparue le STANDARD A.C. A cette date, le club jouait toujours à Cointe. Il émigra ensuite sur le terrain du parc de la Boverie.

Le Standard reviendra cependant à Sclessin sur le terrain abandonné par le football club liégeois. Il ne quittera plus notre quartier.

Le premier match entre les "frères ennemis", qui a lieu sur un terrain à Cointe, est relaté par la "Vie sportive du 4 mai 1902". Le score est sans appel : F.C.Liégeois (juniors) - Standard F.C. (équipe première) : 6 - 0

Le STANDARD était né, il allait devenir après quelques balbutiements, le club à la renommée européenne actuelle.

Les premières compétitions officielles 

Le championnat de division I se jouait en deux séries. La compétition se divisait ensuite en quatre divisions II, régionales. En 1902-1903, le Standard disputa sa première saison officielle en juniors, une catégorie qui recueillait les éléments n'ayant jamais évolué dans les deux premières divisions. La saison suivante, il rejoignit la division II. 

Le Standard gêne...déjà... 

Un matin de l'an 1904, les pouvoirs publics décidèrent la création du palais des Beaux-Arts, qui devait constituer le joyau de l'Exposition de 1905. Le merveilleux stade du Standard disparut sous les coups de pioches. L'enthousiasme des membres du club le sauva de la disparition. Il élit domicile à Grivegnée, sur un site qui avait abrité un four à coke. 

Le Standard arrive à Sclessin 

Perdre un ballon constituait un drame plus important que les rouspétances de Liège. Le long du terrain coulait un bras de la rivière. Les tirs normaux ne perturbaient pas le cours d'eau mais le Standard alignait une force de la nature, BOUGNET. Ses tirs faisaient frissonner ses coéquipiers, fréquemment obligés de plonger dans l'Ourthe, pour sauver leur précieux ballon. Grivegnée n'offrait guère de confort : les vestiaires étaient situés à deux cents mètres du terrain. Le propriétaire décida, en 1909, d'en éjecter les footballeurs. Ceux-ci dénichèrent rapidement un terrain en bord de Meuse, à Sclessin. Le déménagement s'effectua en brouette, péniblement, mais avec le sourire aux lèvres car le Standard était en passe d'accéder à la division I, où il demeura jusqu'en 1913.

Equipe du Standard en 1910

Les années 1910 - 1920

1925

La Grande Guerre
La Grande Guerre décima les rangs du club mais quelques dirigeants créèrent un journal, « Les Annonces » seul moyen de maintenir l'union du Standard en cette période de tourments. Le Première Guerre mondiale ne brisa pas l'essor du football : dès la libération, malgré le décès de vingt de ses joueurs, le Standard put aligner quatre équipes. Les difficultés d'équipement et la crise ne rebutaient pas les jeunes. Louis LEROY, joueur-secrétaire, était devenu correspondant de « La Vie Sportive » sous le pseudonyme de Danilo et secrétaire du comité provincial. Epaulé par les président Léon HERZET puis Maurice DUFRASNE, il développa l'implantation régionale du Standard. Celui-ci disposait d'une petite tribune, d'une buvette et de vestiaires confortables.
Le Hooliganisme...déjà ...
En 1920, l'arrivée de Léon Delsupexhe, trésorier puis administrateur-délégué en 1928, permit au Standard de retrouver définitivement la première division. Celui-ci n'érigeait plus Liège en « ennemi » privilégié : le FC Malinois avait pris ombrage de la promotion d'un club liégeois en première nationale. Ses supporters assiégèrent le club qui avait eu l'outrecuidance de le vaincre. Un chanoine dut promettre vengeance à ses ouailles, la semaine suivante à Louvain, pour que le Standard puisse quitter son vestiaire. L'équipe regagna, avec ses supporters, les deux trains affrétés sous l'escorte des forces de l'ordre.
Le premier entraîneur, les premiers "socios" et les premières loges
En 1923, il se créa la coopérative Standard Club Liégeois. Treize personnes constituèrent la société, souscrivant 1484 parts pour une somme totale de 29680 F. 573 souscripteurs répondirent à l 'appel du Standard. Les parts coûtaient cent francs. Devenu personnalité civile, le club put acquérir le terrain de Sclessin, sur lequel étaient bâties les premières installations. Il acheta deux hectares supplémentaires et atteignit une capacité de 3500 places.


Les années 1930 - 1940

1936
Le début des primes
En 1935-1936, le Standard fut sacré vice-champion pour la troisième fois. Depuis plusieurs années, les meilleurs joueurs touchaient des primes de match. Les dirigeants du Standard furent parmi les premiers à rechercher un barême apte à faire taire toute contestation. Trois catégories de joueurs étaient rémunérées : ceux de division I, de réserve et les candidats. Les primes de victoire allaient de 65F à 300F. En cas de nul, elles oscillaient entre 45 et 200F. Une défaite rapportait de 25 à 100F. Une absence à l'entraînement était sanctionnée. Les primes étaient calculées en fonction des recettes. Un joueur pouvait obtenir un revenu annuel de 7700F. Le budget du club avoisinait le demi-million.
La grande tribune
La tribune existante devenait trop exiguë pour accueillir tous les supporters du Standard. Celui-ci construisit en 1939 une longue tribune debout pouvant contenir dix mille spectateurs. La guerre éclata ensuite, sans interrompre le championnat.
L'arrivée de Roger Petit
La saison 1941-1942 faillit être fatale au Standard, douzième sur quatorze. Arthur Petit était membre actif du club depuis 1923. Il en était devenu administrateur en 1927. Il accéda à sa vice-présidence en 1933. Ses fils, Jean et Roger, évoluaient en équipe fanion. Jean fut victime de la guerre. Il fut tué alors que, médecin, il se rendait au chevet d'un malade au Val Benoît. Roger demeura capitaine de l'équipe. Il appartenait également au comité de sélection. Ses qualités affleuraient déjà. Léon Rassart et Florent Dumont l'appelèrent à la rescousse. En 1944, Roger Petit fut nommé secrétaire d'un conseil en émoi : l'augmentation de capital de 333000F à 500000F avait provoqué l'ire de certains opposants. Au bout d'une saison de disputes, la discussion fut clôturée devant le notaire L. de Terwagne : les opposants ratifièrent le bilan, la majorité proposant à tous des parts nouvelles. La paix consacrée permit au Standard de convoquer ses joueurs deux fois par semaine, le mercredi sur le terrain, le vendredi en salle. L'école des jeunes recommença à prospérer. Fernand Blaise, Jean Mathonet, Joseph Happart et d'autres s'adonnaient déjà aux « joies du cross » pour peaufiner leur condition. Les joueurs de la division d'honneur touchaient, en 1950, 1400F par victoire, 1000F ou 800F en cas de match nul, selon qu'il était concédé à l'extérieur ou à Sclessin - où le Standard se montrait déjà intraitable - , 500 F pour une défaite ou pour un match amical.

Les années 1940 - 1950
Monsieur Standard
Sa situation assurée, Roger Petit se mit en quête des actionnaires de la coopérative, auxquels il racheta leurs parts. Il fut élu secrétaire général et administrateur-délégué en 1952-1953, Paul Henrard assumant la présidence du club. Le Standard disposait en ces deux hommes des plus importants gages de son avenir. Il engage le français André Riou comme entraîneur professionnel. En 1956, le stade sera électrifié, permettant le déroulement de matches en nocturne. Président du Fonds de recherche scientifique, ex-président de la Fédération des Industries catholiques, ancien directeur général d'Espérance-Longdoz, Paul Henrard est un visionnaire. Avec Pire, directeur général adjoint de Cockerill Ougrée et avec Roger Petit, il détient la majorité. Le trio est entouré de fortes personnalités : le colonel Robert, MM. Piron, Wauthier, Meuffels, Jeunehomme, Heusghem, Rappers et Tilkin.

Le Standard entame une ère nouvelle, celle de son accession au sommet de la hiérarchie belge, tandis que Roger Petit défend ses intérêts à l'Union Belge puis à l'Uefa. Membre du Comité Exécutif de l'URBSFA, de la commission technique de l'équipe nationale, il est habilité à discuter avec la RTB les contrats de retransmission des matches. Il représente la Belgique auprès des instances européennes. Au Standard, il demeure très proche de l'entraîneur, qui doit effectuer un rapport quotidien au secrétaire général. Celui-ci n'accordera plus de latitude à ses entraîneurs qu'à l'aube des années soixante et du professionnalisme.
Le premier trophée
Après avoir lutté durant de nombreuses saisons contre la relégation, le Standard entreprend un effort de restructuration au moment où, précisément, le championnat acquiert la physionomie que nous lui connaissons actuellement : la division d'honneur est remplacée par la division 1. Roger Petit entreprend des travaux d'agrandissement de la tribune assise, dont la capacité passe à 3000 places. En alignant 7 matches sans défaite, qui s'ajoutent aux huit rencontres du précédent championnat, le Standard remporte un premier trophée, le Challenge Pappaert, créé par Jacques Lecoq, le rédacteur en chef du quotidien rose « Les Sports » pour rendre hommage à al série exceptionnelle de l'Union, invaincue durant soixante matches, sous la conduite de son capitaine, Jules Pappaert.


Les années 1950 - 1960
La première Coupe de Belgique
En 1953-1954, André Riou débarque à Sclessin. En quatre ans, l'entraîneur français ne connaîtra pas les joies de la Coupe d'Europe avec les Rouches mais il va les propulser sur cette rampe prestigieuse en construisant une équipe valable au départ de jeunes du cru. Son équipe remporte, en 1954, sa première coupe de Belgique, au détriment du Racing de Malines. L'équipe qui remporta cette Coupe était composée de Toussaint Nicolay, Happart, Thellin, Mathot, Van Dormael, Mathonet, Jacquemin, Givard, Blaise, Houf et Jadot.
«Impossible n'est pas liégeois» s'exclama Jacques Lecloq. Le mythe Standard était né. Premier club belge à franchir un tour puis à accéder aux demi-finales, la formation de Geza Kalocsai vivait ses premières heures de gloire. Denis Houf, gentleman-capitaine de l'équipe témoigne : «1958 constitua une année-charnière pour le Standard. Geza Kalocsai s'était vu confier une mission ingrate : nous adapter progressivement à un football plus simple, plus efficace, plus réaliste, en prévision de notre entrée sur la scène européenne ».
Le premier titre
Progressivement, les anciens s'effacent pour laisser place à une nouvelle génération douée qui prend son essor en 1956-1957. Elle excelle en technique mais pèche par inconstance dans l'effort. Une saison plus tard, elle est championne de Belgique : le 11 mai 1958, des milliers de « Rouge et Blanc » s'entassent dans le stade de Berchem. Le Standard peut se contenter d'un match nul pour être sacré champion. L'Antwerp termine à égalité de points mais le règlement accorde encore l'avantage à l'équipe ayant encouru le moins de défaites. Soixante ans après, un premier sacre couronne les dissidents du FC Liégeois.
La Brabançonne et le Mythe
Les nombreux belges présents à Paris entonnent à pleine voix la Brabançonne. Jamais une Coupe d'Europe n'avait constitué la vitrine d'un peuple. Le Standard représentait les aspirations d'une nation tout entière. Ces quarts de finale de Coupe des Champions s'apparentaient à un duel entre deux pays.


Les années 1960 - 1970
Pavic : Première!
Pour honorer ce nouveau statut de « grand d'Europe », le stade fut rénové, ses salles de réception agrandies, ses vestiaires modernisés. Deux titres, en 1960-1961 puis en 1962-1963, confirment la nouvelle suprématie du Standard en Belgique. Geza KALOCSAI a cédé sa place à Jean PROUFF qui, malade, passera le témoin à l'Autrichien Gusti JORDAN. Chargé de cadeaux, l'intransigeant Hongrois quitte Sclessin sur ces mots, dont la causticité dissimule les larmes qui perlent à ses paupières : « C'est tellement vous êtes contents de me voir partir que vous êtes gentils avec moi ». A deux entraîneurs peu conformes à l'esprit Standard succède Michel Pavic, l'élégant entraîneur de l'Etoile Rouge de Belgrade. Ce maître-tacticien apporte au Standard une troisième corde à un arc déjà armé de technique et de physique. Il n'apprécie pas le style anderlechtois, basé sur une défense en ligne. Il préfère un jeu direct, spectaculaire, engagé. Il remporte deux coupes de Belgique. C'est néanmoins avec René Haus que le club dominera le championnat national, remportant trois titres consécutifs avant les départs conjugués de Nagy, Galic, Kostedde, Depireux, Cvetler et Pilot. La domination outrageuse du Standard lasse les spectateurs, elle tue l'intérêt du championnat. Roger Petit dissout cette fabuleuse équipe pour en rebâtir une autre, avec de jeunes éléments.
Vicé-président du Conseil supérieur de l'éducation physique et des sports, Roger Petit a compris le rôle social du football. Il gère le Standard comme une entreprise, il n'a pas de dettes, il dispose d'un avoir important et investie en immeubles : le 20 décembre 1965, il acquiert 33 hectares au Sart Tilman. Il souhaite y construire un hall omnisports, des terrains de football, une aire de hockey et une école au sein de laquelle les jeunes footballeurs pourraient concilier études et pratique du football. Le Standard manquait de terrains à Sclessin, où l'air pollué ne convenait guère à la pratique du sport. L'aménagement du site ne fut pas onéreux : les entrepreneurs qui érigeaient les premiers bâtiments de l'Université payaient le Standard pour les débarrasser des remblais, qu'ils devaient conduire bien loin. Or, ceux-ci servaient à colmater les trous de la sablière du Sart Tilman. Le hall, la cafétéria, la publicité achevèrent de financer la construction du futur village sportif. Roger Petit forma également le Club des Mille : pour une cotisation de 5000 F, les candidats devenaient membres perpétuels du Standard.


Les années 1970 - 1980
Erreur administrative ... déjà...
En 1971, pour que le championnat conserve quelqu'intérêt, il fallut que le Standard fût déclaré forfait à l'Antwerp, en raison d'une erreur administrative : il avait inscrit trois étrangers au lieu de deux sur la feuille d'arbitre. Roger Petit grince, caustique : « Cette erreur laissa planer un peu de suspens sur l'exercice. Sans cela, nous étions champions dès le premier tour ». Roger Petit n'hésitait jamais non plus à libérer des bons joueurs quand ceux-ci recelaient de la valeur. Les départs de Sztany et de Crossan avaient apporté au Standard un gain de dix millions qu'épongea partiellement l'arrivée de Van Moer. Les années 70 s'annoncèrent plus médiocres. Le Standard fut écarté de l'Europe quelques saisons. Vlatko Markovic fut promptement évincé par Roger Petit qui organisa un mini-championnat, primes spéciales à l'appui, pour remettre de l'ordre en sa maison, avant l'arrivée de Cor Van der Hart. Sous sa férule, le Standard réalisa un 12/16, marqua 18 buts pour n'en encaisser que 3. Le Hollandais prônait un style Viril, dénué de consignes, un football total. Il clamait : « Un professionnel qui ne reçoit pas un avertissement en une saison ne mérite pas son statut ». Les « gamins » inquiétaient le monde du football ; retrouveraient-ils leur place dans la hiérarchie ? Roger Petit rétorqua aux anxieux : « Un professionnel doit être capable de livrer deux matches par semaine. Sa condition physique dépend essentiellement de lui-même ». Le secrétaire général est un visionnaire. Il prospecte les petits clubs de la région, à la recherche de jeunes pousses prometteuses. Hélas, lorsqu'un club déteint un jeune doué, il peut le conserver. Roger Petit s'affaire, à l'Union Belge, pour modifier la législation : il libéralise les mutations de joueurs, obtient la reconnaissance de la liberté du travail et une protection sociale pour les jeunes professionnels. Il balaie aisément l'opposition du Gantois Hoste, le président de la Ligue. Le Standard était constitué en coopérative, sa section football en ASBL. Sa structure était identique à celle d'une usine. Elle faisait vivre une centaine de familles. Les recettes des matches ne couvraient déjà plus que partiellement les frais inhérents à la gestion d'un club professionnel. A titre d'exemple, en 1970, le budget du Standard était ainsi calculé.
Recettes :
Abonnements et matches ; 10 millions ; Coupe de Belgique : de 500.000 à 2 millions.
Coupe d'Europe : de 500.000 francs à 9 millions (grâce à la demi-finale contre le Bayern qui rapporta 3.366.400 F).
Publicité, télévision : 1.500.000 F.
Fédération : de 400 à 800.000 F.
Cotisations : 1 million.
Dépenses :
Salaires : de 8 à 10 millions.
Administration : 1 million.
Organisation des matches : de 1.500.000 à 3.000.000 F.
Entretien du stade : de 1.500.000 à 2.000.000 F.
Transferts : jusqu'à 2 millions.
Subsides aux autres sports : 1 million.
Les joueurs étaient rémunérés selon la catégorie à laquelle ils émargeaient : les candidats recevaient 2500F., les internationaux 10.000F., plus les primes de match. Une demi-finale de Coupe d'Europe valait 100.000 F.
La capacité du stade avait été portée à 38.000 places dont 9.000 assises.


Les années 1980 - 1990
L'Affaire

« Monstre sacré » du football international aux options tactiques souvent contestées, mais à la compétence unanimement reconnue, Raymond Goethals dissimulait de plus en plus malaisément, ces dernières années, son impatience de remporter, enfin, un titre de champion de Belgique.
L'équipe nationale, qu'il avait modelée à son image pendant 10 ans, l'avait comblé mais pas assouvi. Trois saisons d'un règne souverain au Sporting d'Anderlecht l'avait couvert de gloire en Europe sans apaiser son irritation secrète : à trois reprises, il avait été contraint de se satisfaire d'un accessit dans la compétition nationale. On, l'avait senti, confusément, prêt à toutes les concessions, ouvert, même, à toutes les compromissions pour combler l'incroyable lacune qui ternissait son éblouissant palmarès mais, surtout, pour se prémunir contre toute atteinte à la régularité d'une compétition sujette, parfois, à d'étranges et nauséabonds marchandages. Raimundo n'a jamais été un tricheur. Il n'est pas davantage un homme d'argent. Le football est sa religion, son unique credo, sa raison de vivre, son oxygène. Même s'il s'est, quelquefois, laissé emporter par des emballements de Don Quichotte, il n'a jamais pu être suspecté de naïveté.
A-t-il craint que les préceptes de son code d'honneur personnel ne fussent pas, unanimement, respectés ? Sans que la moindre preuve étayât son angoisse, il a soupçonné des individus indéterminés d'avoir fomenté un complot de dernière minute pour empêcher le Standard de renouer avec la gloire sur le plan national. Goethals était devenu maladivement suspicieux. Pour éviter qu'une indélicatesse imaginaire anéantît l'œuvre d'une saison entière, il n'a pas hésité à ternir son prestige et à inciter ses joueurs à commettre une faute grave : proposer leurs primes de match à leurs derniers adversaires pour que ceux-ci ne défendent pas leurs chances avec trop de conviction et d'opiniâtreté ! Objectivement pourtant, le Standard ne pouvait pas perdre le titre national. A l'aube de l'ultime soirée de championnat, il comptait deux points d'avance sur son éternel rival, le Sporting d'Anderlecht. Celui-ci se berçait d'autant moins d'illusions que le Standard achevait la compétition en accueillant, à Sclessin, le vulnérable Waterschei Thor.
Le Standard s'imposa, effectivement, par trois buts à un et se laissa griser par ses supporters. Personne n'avait décelé la moindre malice dans cette rencontre à sens unique égayée, surtout, par les prouesses du gardien de but allemand de Waterschei Klaus Pudelko. La Belgique sportive avait communié à l'allégresse « rouche » : le Standard avait bien mérité son titre. Vingt et un mois plus tard, l'obstination inflexible d'un juge d'instruction acharné parti en croisade, sans complexe, sans contrainte mais avec jubilation, contre l'évasion des capitaux et la fraude fiscale dans le monde du football la dota en effet, sans que le « sheriff » Bellemans eût réellement cherché ce coup de théâtre, du plus navrant et du plus lamentable de tous les appendices : une affaire de corruption souillant les champions de Belgique !
La perquisition que la BSR effectua à Sclessin le 22 février 1984 allait engendrer de fâcheuses conséquences pour le club liégeois. Le 24 février, Roger Petit et Raymond Goethals avouèrent qu'ils avaient commis des faux en écriture en vue d'éluder l'impôt. Le mardi 28, Eric Gerets fut à son tour soumis à un feu roulant d'interrogations précises. Stupéfaite, la Belgique apprit, quelques heures plus tard, que « l'argent noir » découvert dans le petit cahier d'écolier de Roger Petit sous la mention, laconique, « Goethals-Genk 500.000F/150.000F » avait été libéré par le patron du Standard, à l'instigation de son entraîneur, pour persuader les footballeurs limbourgeois de « lever le pied », à Sclessin, lors du dernier match de championnat !
Eric Gerets et Roland Janssen (le capitaine de Waterschei) ne furent pas les seuls incriminés. Michel Preud'homme, Théo Poel, Walter Meeuws, Jos Daerden, Gérard Plessers, Simon Tahamata, Guy Vandersmissen, Pierre Janssen, Aimé Coenen et Pierre Plessers furent, eux aussi, éclaboussés par le scandale. Dans la nuit du « mercredi le plus noir » de l'histoire du football belge, le Conseil d'Administration du Standard accepta les démissions simultanées de Roger Petit et de Raymond Goethals. Léon Semmeling repris l'équipe en main et s'acquitta avec un cœur admirable et un talent insoupçonné de la délicate missions dont il venait, brutalement, d'être investi. Grâce à ses audaces, à ses initiatives tactiques sensées, à son propos et à sa pertinence, on entendit, souvent, chanter le los des « Gamins du Standard », futurs finalistes de la Coupe de Belgique et futurs qualifiés pour la Coupe de l'Uefa 1984-1985.
L'Après...

Groggy, hébété, le Standard vivait dans un état second. Brutalement privé de son capitaine, l'esquif se révélait fragile. Aucun homme fort ne se dégageait des multiples bonnes volontés qui étaient accourues à la rescousse. Jean Wauters, un brillant homme d'affaires, s'était ému du drame vécu par les Rouches. Inlassablement, il battit le rappel des bonne volontés. Willy Gillard, qui avait longtemps secondé « Monsieur Standard », assuma les fonctions de secrétaire général. André Duchene, entrepreneur de la région hutoise, répondit à l'appel irrésistible de Jean Wauters. Les deux hommes s'entendirent, se comprirent. Ils concoctèrent un projet ambitieux, gage de l'avenir : la tribune centrale allait être démolie et remplacée par un ensemble moderne, fonctionnel, qui comprendrait des loges. André Duchene assurerait leur gestion durant dix ans, pour financer la construction de l'ouvrage. Rondement menée, la construction fut achevée en septembre 1985. Son inauguration sembla ouvrir une nouvelle ère au Standard, qui battit largement le Paris Saint-Germain, son hôte de marque. Confiant lui aussi, Opel signa un premier contrat de trois ans avec le Standard. Rien ne laissait présager les piétinements à venir …
Saison 86/87 : Michel Pavic avait remplacé Louis Pilot à la tête de l'équipe. Le stratège yougoslave fit vivre quelques moments d'exaltation au club, en Coupe d'Europe. L'élimination du Standard face au FC Tirol marqua le premier pas du club vers l'abîme. La valse des entraîneurs se poursuit : Helmut Graf remplace Pavic. Le club faisait eau de toutes parts : il n'avait enregistré qu'une dizaine d'affiliations en une saison. Roger Petit avait délaissé la formation des jeunes. La réputation de l'école en avait pâti. Jean Wauters appela Michel Foret. Il le chargea de restructurer le Comité des jeunes. Jef Vliers fut engagé comme directeur technique. Le Standard devait repartir de zéro. Les premiers fruits de ses efforts ne seraient pas récoltés avant cinq ans.
Un Américan à Liège
En 1986, naïvement, le petit monde liégeois avait cru trouver un mécène sauveur en ce beau parleur de Bernard Tapie. Reçus « comme des chiens » à Marseille par la « star » qui ne s'intéressa au Standard que le temps de la promotion d'une émission de télévision à Bruxelles, les dirigeants déchantèrent rapidement. Un an après, survint Milan Mandaric, un homme d'affaires américain d'origine yougoslave que Bojo Ban avait présenté à Sclessin. La direction du Standard lui confia la gestion sportive du club. Avec les premières déceptions encourues par l'équipe fanion, malgré les efforts de René Desaeyere, un jeune entraîneur intransigeant qui avait hissé Berchem en première division, la grogne s'insinua dans le club. Elle divisa la direction. Peine Desaeyere avait-il apposé sa signature au bas du contrat, que celui-ci fut remplacé par Pavic. Milan Mandaric manifestait quelque impatience, exigeant un feu vert inconditionnel pour s'occuper personnellement des transferts, regrettant amèrement de n'être pas venu trois mois plus tôt à Sclessin pour y effectuer de meilleurs transferts. L'Américain avait lancé un premier ultimatum en novembre 87. En février 88, il exigea 51% des parts et le contrôle complet du club. La réaction du Standard fut prompte. Jean Wauters et André Duchene clamèrent : « Il n'est pas question de brader notre patrimoine ». La rupture était définitivement consommée.
Un sécretaire Général...enfin
La nouvelle société anonyme se voulait le gage d'un avenir meilleur. Le 1er avril 1988, le Standard engagea Roger Henrotay au poste de secrétaire général. La saison allait s'achever dans deux mois. Il lui fallait étudier les carences, multiples, de l'équipe puis le marché pour réaliser les transferts susceptibles de redorer le blason défraîchi du Standard. Limam, Tikva, Rosenthal et d'autres rallièrent Sclessin. Avant cela, le nouveau secrétaire général du Standard avait tenté d'attirer à Sclessin Georges Heylens. Le 18 avril, celui-ci signa un contrat qui le liait au Standard pour trois ans. Le 20 avril, le club de Lille, où Heylens officiait, invoqua une clause de la Charte du football français, qui précisait que la clause de résiliation, dont Heylens pensait bénéficier, n'était valable que pour la première saison. Le LOSC refusa de libérer son entraîneur. Le Standard venait de recevoir une gifle dont l'amertume fut à peine pansée par la confiance que Gilbert Bodart témoigna au club, en acceptant de prolonger son contrat.
Entre le secrétaire général et Pavic, le courant ne passait pas. Roger Henrotay le limogea, quelques jours avant la finale de la coupe de Belgique, appelant Jef Vliers à la rescousse pour préparer cette finale, qu'il perdit. En même temps, Roger Henrotay annonça l'arrivée du nouvel entraîneur : Urbain Braems. L'exercice 1988-1989 se révéla décevant. Il constituait certes une saison de transition : onze joueurs avaient quitté le Standard, neuf l'avaient rejoint. Parmi eux, des déceptions très nombreuses, comme Thans, racheté à Lens pour constituer le « dernier maillon », Limam, Tikva. Le Standard termina sixième. A une place d'une qualification pour une Coupe d'Europe. Anderlecht le battit une fois encore, toujours par deux buts à zéro, en finale de la Coupe nationale. Trop gentil, Urbain Braems était incapable de dynamiser ses joueurs. A l'issue de la saison, il partit en vacances, laissant Roger Henrotay mener la campagne des transferts. Celui-ci dégotta entre autres trouvailles un attaquant mexicain, Carlos Hermosillo, qui disputa un nombre minimal de matches avant de retourner en Amérique centrale. Il prit place dans la longue liste des transferts ratés du Standard.
La Mage de l'Antwerp
Le climat continuait de se détériorer . Urbain Braems, prostré, baissait la tête sans répondre aux questions que se posaient les partisans du Standard. Une rumeur se répandit : Roger Henrotay avait rencontré, à Aix-la-Chapelle, Georg Kessler. La présentation de l'équipe avait lieu dans un château condruzien. Urbain Braems venait de quitter ses joueurs. Georg Kessler se dressa subitement, en haut du perron, superbe de prestance. Plusieurs standardmen verdirent devant la confirmation des rumeurs. Rapidement, il rétablit ordre et discipline au Standard. Il encouragea l'esprit d'équipe, la solidarité. Son enthousiasme communicatif fustigea les plus léthargiques. Les nuages semblaient s'éloigner de Sclessin. Georg Kessler faisait l'unanimité. IL opéra deux transferts : Molnar, meilleur buteur du Danemark, et Henk Vos, bourreau d'Anderlecht à Ekeren. Ces deux joueurs amenèrent la grande foule à Sclessin, malgré la déroute encourue à La Gantoise, en Coupe, avant la trêve. Survolté, le Standard refit une partie de son retard en championnat. Les deux nouveaux séduisirent.


Les années 1990 - 2000
Duchene-Wauters


La saison 1990-1991 vit à nouveau les orages s'abattre sur Sclessin. Roger Henrotay ne supportait plus l'entraîneur, trop dictateur à son goût. Entre eux, les accrocs se multiplièrent. Peu après lui avoir proposé une prolongation de contrat de deux saisons, le secrétaire général l'avertit que sa présence n'était plus souhaitée à l'issue du championnat. Les joueurs se révoltèrent. Gilbert Bodart et Guy Hellers s'instituèrent ses défenseurs les plus ardents. En pure perte. Henrotay s'activait à la recherche d'un entraîneur. Il choisit Mircea Lucescu qui, après maintes tergiversations, ne viendra pas. Le secrétaire général

effectua ses transferts seuls. Wilmots, Van Rooy, Lashaf rejoignirent le Standard.
L'ère Haan
En juin, Arie Haan, contacté une première fois en mars, accepta de pallier la défection de Lucescu. A la reprise des entraînements, une foule considérable s'était amassée, formant une haie d'honneur pour l'équipe nouvelle. Un frisson d'espoir parcourut l'assemblée. Haan bénéficiait de l'apport de Radanovic et de Demol. Les débuts furent pénibles. L'équipe évoluait sans fil conducteur. Alors que la grogne s'installait, l'entraîneur demeurait serein. Au départ d'une défense à la brésilienne, Cruz se révéla, avec la complicité de Demol, rôdé à ce système à Porto. Les différentes lignes s'harmonisèrent lorsque Pister remplaça Hellers devant la défense. Une victoire au Mambour propulsa le Standard sur une courbe ascendante. Celui-ci livra vingt-deux matches sans subir la moindre défaite et remporta le Challenge Pappaert. Le Standard retrouve l'Europe après six ans de disette...
































Le premier stade du Standard de Liège fut construit en 1909. En 1925, la capacité du stade fut portée à 20 000 places.
Les supporters liégeois sont renommés pour leur ferveur, comme la ville de Liège pour être la "cité ardente".


Il existe quatre grands groupes de supporters :
le « Kop Rouche » (en tribune 2), premier groupe de supporters; le « Hell-Side 81 » (en tribune 3), ayant une approche anglo-saxonne; les « Ultras Inferno 96 » (en tribune 3), au caractère latin; et le « Public Hysterik (PHK 04)» (tribune 4).


T2 Kop Rouche

































































Le stade Maurice Dufrasne, ou stade de Sclessin, accueille les matches du Standard de Liège.
Le nom du stade est celui du cinquième président du Standard de Liège, en fonction de 1909 à 1931, mais il est mieux connu en Belgique sous le nom de stade de Sclessin, quartier de l'agglomération liégeoise où il est situé. Le stade se trouve le long de la Meuse, non loin des usines Cockerill-Sambre, ce qui donne une atmosphère particulière au "chaudron de Sclessin". Ce stade est communément appelé l'Enfer de Sclessin en rapport aux supporters liègois connus pour être les meilleurs supporters de belgique.

1925


En 1940, on ériga une grande tribune debout en béton de 10 000 places. La capacité maximale du stade a été atteinte en 1973 avec 43 000 places.


En 1985, 1992 et 1995 ont eu lieu des rénovations importantes lors desquelles trois nouvelles tribunes ont été bâties.

Pour accueillir l'Euro 2000, le stade a été une nouvelle fois transformé en 1999 pour devenir un magnifique "temple du football", aux couleurs rouge et blanche du club local, avec 30 023 places assises. En 2006, le stade a été doté d'une toute nouvelle pelouse chauffée pour un montant de plus d'un million d'euros. Le Standard de Liège, vice-champion de Belgique en 2006, est connu pour sa capacité à rassembler des supporters venus des quatre coins de Belgique malgré la frontière linguistique.

En 2006 la pelouse a été renouvelée et dotée d'un système de chauffage électrique.

Public Hysterik Kaos 2004